1 Le consul Papirius Cursor, faisant le siège de Tarente, que défendait Milon avec une garnison d'Épirotes, promit à ce chef la vie sauve, pour lui et pour ses compatriotes, s'il lui facilitait la prise de la ville. Séduit par cette offre, Milon se fit envoyer en mission par les Tarentins vers le consul; d'après les promesses qu'il rapporta, scellées par un traité, les habitants s'abandonnèrent à une trop confiante sécurité, et la ville, dès lors mal gardée, fut livrée à Papirius Cursor.
2 Au siège de Syracuse, M. Marcellus, ayant gagné un certain Sosistrate, apprit de lui que la garde serait moins vigilante que de coutume pendant un jour de fête, où Épicyde devait faire au peuple des largesses de vin et de bonne chère. Ayant donc épié ce moment de plaisir et, par conséquent, de négligence, Marcellus franchit les remparts, égorgea les sentinelles, et ouvrit à l'armée romaine cette ville illustrée par d'éclatantes victoires.
3 Tarquin le Superbe, ne pouvant se rendre maître de Gabies, envoya dans cette ville son fils Sestus, après l'avoir fait battre de verges. Celui-ci, se plaignant de la cruauté de son père, engagea les Gabiens à tirer profit de son ressentiment; et, quand il fut investi du commandement de leur armée, il livra la ville à son père.
4 Cyrus[94], roi de Perse, avait un courtisan d'une fidélité éprouvée, nommé Zopyre, qui, s'étant fait à dessein mutiler le visage, passa chez les ennemis. Il se plaignit des outrages dont il portait les marques, et on le crut irréconciliable ennemi de Cyrus, opinion qu'il confirma en se plaçant, dans toutes les rencontres, à la tête des combattants, et en dirigeant les décharges de traits contre Cyrus lui-même; puis, lorsqu'on lui eut confié la défense de Babylone, il livra la ville à son roi.
5 Philippe, à qui les habitants de Sana refusaient l'entrée de leur ville, corrompit Apollonius, leur chef, et l'engagea à placer dans l'ouverture même de l'une des portes, une voiture chargée de pierres de taille Cet