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nydus/Les stratagèmesPublic
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LIVRE PREMIER.

1 Scipion l'Africain, ayant saisi l'occasion d'envoyer une ambassade à Syphax, députa Lélius, et le fit accompagner de tribuns et de centurions d'élite, qui, déguisés en esclaves, étaient chargés de reconnaître les forces du roi. Afin d'examiner plus facilement la situation du camp, ils laissèrent à dessein échapper un cheval, et, sous prétexte de chercher à l'atteindre, parcoururent la plus grande partie des retranchements. D'après le rapport qu'ils firent, on incendia le camp, et la guerre fut ainsi terminée.

2 Pendant la guerre d'Étrurie, au temps où les généraux romains ne connaissaient pas encore de moyens plus adroits pour observer l'ennemi, Q. Fabius Maximus donna l'ordre à son frère Fabius Céson, qui parlaient la langue des Étrusques, de prendre le costume de ce peuple, et de s'avancer dans la forêt Ciminia, où nos soldats n'avaient point encore pénétré. Il s'acquitta de sa mission avec tant de prudence et d'habileté, que, parvenu de l'autre côté de la forêt, il sut amener à une alliance les Camertes Ombriens, ayant reconnu qu'ils n'étaient pas ennemis du nom romain.

3 Les Carthaginois ayant remarqué que la puissance d'Alexandre s'était accrue au point de devenir inquiétante même pour l'Afrique, un des leurs, homme résolu, nommé Hamilcar Rhodinus, alla, d'après leurs ordres, se réfugier auprès de ce roi, comme s'il était exilé, et mit tous ses soins à gagner sa confiance. Aussitôt qu'il y eut réussi, il fit connaître à ses concitoyens les projets du monarque[24].

4 Les Carthaginois eurent à Rome des émissaires qui, sous le prétexte d'une ambassade, devaient y séjourner longtemps et surprendre nos desseins.

5 En Espagne, M. Caton, ne pouvant pénétrer les desseins de l'ennemi par un autre moyen, ordonna à trois cents soldats de se précipiter ensemble sur un poste espagnol, d'en enlever un homme, et de l'amener au camp sain et sauf. Le prisonnier, mis à la torture, révéla

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