dressées; puis il répandit le bruit que c'étaient des renforts venus des extrémités de la Scythie. L'ennemi le crut, et prit la fuite.
V. Des embûches.
1 Romulus s'étant approché des murs de Fidènes, après avoir embusqué une partie de ses troupes, simula une retraite, et attira ainsi à sa poursuite les Fidénates jusqu'au lieu où étaient cachés les siens. Ceux-ci, voyant leurs ennemis en désordre et sans méfiance, fondirent sur eux de toutes parts, et les taillèrent en pièces.
2 Le consul Q. Fabius Maximus, envoyé au secours des Sutriens contre les Étrusques, attira sur lui toutes les forces de l'ennemi, et bientôt, feignant d'avoir peur et de prendre la fuite, il gagna des hauteurs, d'où il retomba sur les Étrusques, qui montaient pêle-mêle derrière lui; et non seulement il fut vainqueur, mais encore il s'empara de leur camp.
3 Sempronius Gracchus, ayant à combattre les Celtibériens, feignit de les redouter, et se tint dans son camp. Il fit ensuite sortir ses troupes légères, qui, après avoir harcelé les ennemis, lâchèrent pied tout à coup, et réussirent à les éloigner de leurs retranchements. Alors Sempronius, les voyant accourir confusément, prit l'offensive, et les battit à tel point, que leur camp tomba en son pouvoir.
4 Le consul Metellus, faisant la guerre en Sicile contre Hasdrubal, et observant l'armée ennemie avec d'autant plus de soin qu'elle était très nombreuse et renforcée de cent trente éléphants, affecta de la crainte, tint ses troupes renfermées dans Panorme, et fit creuser un large fossé en avant de la place; puis, voyant arriver cette armée, avec les éléphants à la première ligne, il ordonna à ses hastati d'aller lancer des flèches contre ces animaux, et de se réfugier aussitôt dans le retranchement. Irrités de cette bravade, ceux qui conduisaient les éléphants les firent descendre jusque dans le fossé même[68], et, quand ils s'y furent engagés, une partie de ces animaux fut accablée d'une grêle de traits,