est à peu près celui que pratiquent encore aujourd'hui les Arabes en Afrique, devant les troupes françaises. [89] Florus (liv. II, ch. 2) dit un mot de cette défaite, qu'il attribue à un acte irréligieux de Claudius. Au moment où il se préparait à livrer bataille, on vint le prévenir que les poulets sacrés refusaient de sortir de leur cage, et ne voulaient pas manger, ce qui était un fort mauvais présage : « Eh bien, dit-il, s'ils ne veulent pas manger, qu'ils boivent. » Il les fît jeter à la mer, et donna le signal de l'attaque : Inde mali labes. [90] On ne saurait croire à quelle antiquité remontent l'invention et l'usage presque général des machines et des ouvrages de siège, et pendant combien de siècles les moyens d'attaque et de défense des villes et des camps retranchés sont restés les mêmes, avant la découverte de la poudre. M. Dureau de La Malle a établi, dans son ouvrage sur la poliorcétique des anciens, que, plus de vingt siècles avant l'ère chrétienne, les Égyptiens avaient porté à un point très-élevé l'art de fortifier les villes, et que leurs temples étaient de véritables citadelles ; que les monuments de Karnak, de Louqsor, etc., offrent des gabions, des machines pour l'escalade, et les tortues ; que chez les Hébreux, la mine ou la sape étaient employées du temps de Jacob ; que sous Ozias (870 av. J.-C.) on faisait usage de balistes et de catapultes ; enfin, que deux cents ans après, les villes étaient attaquées au moyen des tours mobiles, des terrasses, du bélier, etc., toutes choses que les peuples de l'Orient ont connues avant les Grecs. [91] Ceci rappelle le mot du maréchal de Saxe : « Tout le secret de la guerre est dans les jambes. » Mais peut-être le maréchal avait-il en vue, à côté des avantages de la vitesse, ceux du pas emboîté, dont il est l'inventeur. [92] Ce stratagème rappelle l'artifice à l'aide duquel les Espagnols s'emparèrent d'Amiens en 1597. Des soldats, déguisés en paysans, entrèrent dans la
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PRÉFACE.
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