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nydus/Les stratagèmesPublic
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PRÉFACE.

Camille était à Véies ; mais Tite-Live et Plutarque s'accordent à dire qu'il était en exil à Ardée. Notre auteur se méprend aussi sur deux faits qui se sont accomplis presque en même temps. Fab. Doson descendit du Capitole pour aller sur le mont Quirinal s'acquitter d'un sacrifice, et revint après avoir traversé deux fois les postes ennemis. D'un autre côté, Pontius Cominius, jeune soldat de l'armée romaine réfugiée à Véies, s'offrit d'aller au Capitole pour obtenir du sénat que Camille fût rappelé, et nommé dictateur. Il s'acquitta de sa périlleuse mission. Voyez Tite- Live, liv. V, ch. 46. [106] Il n'est pas sans intérêt de rapprocher de cette histoire les deux faits suivants :

En 1626, l'île de Ré était assiégée par les Anglais, pendant que l'armée de Louis XIII accourait pour la délivrer ; et la garnison des forts, dénuée de vivres, était aux abois. C'est alors que trois soldats du régiment de Champagne offrent de passer à la nage le trajet de mer, qui est de deux lieues, et d'aller demander du secours dans le continent. Il fallait une force plus qu'ordinaire pour nager pendant un si long espace, et un courage héroïque pour oser, dans cet état, traverser la flotte anglaise ; mais rien n'étonnait de la part des soldats de Champagne. Nos trois guerriers, chargés de leurs dépêches renfermées dans des boîtes de fer-blanc, se jettent ensemble dans les flots. Le premier se noie ; mais il fut assez heureux pour servir l'État, même après sa mort : la mer, en effet, jeta son corps sur le rivage ; et des habitants de la côte l'ayant trouvé, prirent la lettre attachée à son cou et la remirent au cardinal de Richelieu. Le second fut pris par les Anglais. Le troisième, nommé Pierre Lanier, longtemps poursuivi par une barque ennemie, nageant presque toujours entre deux eaux, n'élevant la tête de temps en temps que pour respirer, souvent obligé de se défendre contre des poissons voraces, arrive enfin au rivage, couvert de sang, dans un état affreux. Il se traîna

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