courir à toute bride ses cavaliers de l'aile gauche le long du front de la phalange, afin que, par leur impétuosité même, ils pussent, en présentant leurs armes, abattre les lances des ennemis. Se voyant ainsi désarmés, les Macédoniens quittèrent leurs rangs et prirent la fuite.
21 Pyrrhus, combattant pour les Tarentins, près d'Asculum, suivit le précepte d'Homère[64], qui met au centre les plus mauvais soldats: il plaça à l'aile droite les Samnites et les Épirotes, à la gauche les Bruttiens, les Lucaniens et les Sallentins, au centre les Tarentins, et fit de la cavalerie et des éléphants son corps de réserve. De leur côté, les consuls distribuèrent sagement leur cavalerie aux deux ailes, et rangèrent les légions au front de bataille et à la réserve, en y mêlant les auxiliaires. Il y avait, le fait est constant, quarante mille hommes de part et d'autre. Pyrrhus eut la moitié de son armée détruite, et du côté des Romains la perte ne fut que de cinq mille hommes.
22 Cn. Pompée, rangeant son armée en bataille contre C. César, à Pharsale, la mit sur trois lignes[65], dont chacune avait dix rangs de profondeur. Il plaça les légions, chacune selon sa valeur, aux ailes et au centre, et remplit avec les recrues les intervalles qu'elles présentaient. À droite, six cents cavaliers étaient postés sur l'Énipée, dans un lieu défendu par le lit et par les eaux débordées de la rivière; et tout le reste de la cavalerie, réunie aux troupes auxiliaires, composait l'aile gauche, et devait envelopper l'ennemi. Contre cette ordonnance, Jules César disposa également son armée sur trois lignes, les légions au centre; et, pour n'être point tourné, il appuya son aile gauche contre des marais. À l'aile droite était la cavalerie, mêlée à une infanterie fort agile, qu'on avait exercée, pour combattre, aux mêmes manoeuvres que les cavaliers. Enfin il mit à la réserve six cohortes pour les cas imprévus, rangées obliquement sur