son front de bataille quatre-vingts éléphants, pour jeter le désordre dans l'armée ennemie, et derrière eux les auxiliaires gaulois, liguriens, baléares et maures. Ces troupes, qui ne pouvaient prendre la fuite parce que les Carthaginois se tenaient derrière elles, devaient, sinon faire éprouver des pertes aux ennemis, du moins les harceler. Les Carthaginois formaient la seconde ligne, pour tomber, encore frais, sur les Romains déjà fatigués. En dernier lieu venaient les Italiens, dont Hannibal suspectait la fidélité et le courage, attendu que la plupart avaient été amenés malgré eux de leur pays. À cette ordonnance de bataille, Scipion opposa ses formidables légions, qu'il rangea sur trois lignes, hastati, principes et triarii; et, au lieu de les disposer par cohortes entières, il laissa entre les manipules des intervalles par lesquels les éléphants, poussés par l'ennemi, devaient franchir les lignes sans rompre les rangs. Afin que l'armée ne présentât pas de vides, ces intervalles étaient remplis par des vélites armés à la légère, auxquels on avait ordonné de se retirer, soit en arrière, soit de côté, à l'approche des éléphants. Enfin la cavalerie était répartie entre les deux ailes: à droite celle des Romains, sous les ordres de Lélius; à gauche celle des Numides, commandée par Masinissa. Ce fut sans doute à cette sage disposition que, Scipion dut la victoire.
17 Archelaùs, voulant jeter le désordre dans l'armée de L. Sylla, forma sa première ligne avec des chars armés de faux, la seconde avec la phalange macédonienne, et mit à la troisième les auxiliaires, armés à la manière des Romains, et mêlés à des déserteurs italiens dont la résolution lui inspirait beaucoup de confiance; enfin les troupes légères furent placées à la réserve. Sa cavalerie, qui était très nombreuse, se rangea aux deux ailes, pour envelopper l'ennemi. De son côté, Sylla couvrit ses deux flancs de larges fossés, aux extrémités desquels il établit des redoutes, et, par là, réussit à ne pas être cerné par