ordre exécuté, Philippe donna le signal de l'attaque, et défit par surprise les assiégés, qui étaient accourus en désordre pour fermer leur porte embarrassée.
6 Hannibal, assiégeant Tarente, alors défendue par une garnison romaine, sous le commandement de Livius, gagna un Tarentin nommé Cononée, qui, pour tromper les habitants, sortait la nuit sous prétexte d'aller à la chasse, ce que la présence de l'ennemi rendait impossible pendant le jour. Quand il était hors des murs, les Carthaginois lui fournissaient secrètement des sangliers, qu'il présentait ensuite à Livius comme provenant, de sa chasse. Ces sorties, souvent renouvelées, éveillant de moins en moins l'attention, Hannibal, une certaine nuit, déguisa des Carthaginois en chasseurs, et les mêla à ceux qui accompagnaient Cononée. Ils entrèrent dans la ville chargés de gibier, se jetèrent aussitôt sur les gardes et les égorgèrent; ensuite ils brisèrent la porte, et introduisirent Hannibal avec ses troupes, qui firent main basse sur tous les Romains, à l'exception de ceux qui s'étaient réfugiés dans la citadelle.
7 Lysimaque, roi de Macédoine, faisait le siège d'Éphèse, et cette ville était secourue par Mandron, chef de pirates. Comme celui-ci amenait souvent au port ses vaisseaux chargés de butin, Lysimaque parvint à le gagner, et envoya avec lui les plus braves de ses soldats, que le pirate fit entrer dans Éphèse les mains liées, comme des prisonniers. Quelque temps après, ces mêmes hommes prirent des armes dans la citadelle, et livrèrent la ville à leur roi.
IV. Des moyens de réduire l'ennemi par famine.
1 Fabius Maximus, ayant ravagé le territoire de Capoue, et voulant ôter à cette ville tout espoir de soutenir un siège, se retira au moment des semailles, afin de laisser les habitants répandre dans leurs champs le blé qui leur restait; puis il revint sur ses pas, fit fouler aux pieds les semences, qui déjà étaient en herbe, et la famine le rendit maître du pays[95].