l'avoir dispersée.
5 T. Didius, ne trouvant pas son armée assez nombreuse, différait la bataille jusqu'à l'arrivée des légions qu'il attendait, lorsqu'il apprit que l'ennemi allait marcher à leur rencontre. Il convoqua l'assemblée, or donna aux soldats de se préparer au combat, et fil à dessein négliger la garde des prisonniers. Il s'en échappa quelques-uns, qui annoncèrent aux leurs que les Romains se disposaient à les attaquer. Alors, dans l'attente du combat, l'ennemi craignit de diviser ses forces, et renonça à marcher contre les légions qu'il voulait surprendre. Celles-ci arrivèrent près de Didius sans avoir été inquiétées.
6 Dans une des guerres Puniques, quelques villes, ayant dessein de passer du parti des Romains dans celui des Carthaginois, et désirant, avant de rompre avec les premiers, retirer les otages qu'elles leur avaient donnés, feignirent d'avoir querelle avec des peuples voisins, demandèrent, des Romains pour médiateurs, et, quand ceux-ci furent arrivés, elles les retinrent comme otages équivalents, et ne les rendirent qu'après avoir reçu les leurs.
7 Les Romains ayant envoyé une ambassade au roi Antiochus, qui, après la défaite des Carthaginois, avait auprès de lui Hannibal, dont il mettait les conseils à profit contre Rome; les députés[41] eurent de fréquents entretiens avec Hannibal, dans le but de le rendre suspect au roi, à qui sa présence était agréable, et même utile, à cause de son caractère rusé et de ses talents militaires.
8 Q. Metellus, faisant la guerre contre Jugurtha, gagna les députés que ce prince lui avait envoyés, et obtint d'eux qu'ils le lui livreraient. Il arrêta le même projet avec une seconde ambassade, puis avec une troisième; mais il ne réussit pas à s'emparer de Jugurtha, parce qu'il voulait qu'on le lui amenât vivant. Toutefois il résulta de cette machination un grand avantage: des lettres qu'il écrivait aux confidents du roi furent interceptées; et celui-ci, ayant immolé à sa