sans aucun moyen de fuir, attendu qu'il se trouve coupé par sa propre manoeuvre. [73] Il faudrait peut-être lire Pharnapatis, comme on le voit dans Plutarque (Vie d'Antoine, ch. XXXIII). Ce général eut dans ce combat le même sort que Labienus, jeune Romain qui avait pris du service chez les Parthes. Celui-ci était neveu du tribun Labienus, qui abandonna le parti de César pour embrasser celui de Pompée. [74] Aujourd'hui Castel Franco, près de Modène. [75] Ces fuites simulées ont souvent réussi dans l'antiquité, parce qu'alors on ne prenait presque jamais la peine de s'éclairer. Il y en a encore quelques exemples notables dans les temps modernes : ainsi, à la bataille de Lens, le grand Condé sut faire quitter à l'archiduc une position excellente, en l'attirant, par une retraite simulée, dans une plaine où la cavalerie eut bon marché de l'infanterie des Impériaux. [76] Cette odieuse trahison est rapportée, avec quelques détails de plus, par Polyen, liv. I, ch. 19. [77] Il s'agit ici du combat de Leucade. [78] Il s'agit ici de la bataille de Coronée. [79] Ce pont avait été construit, par ordre de Xerxès, sur l'Hellespont, près d'Abydos. Voyez Hérodote, liv. VII, ch. 33-36, et surtout liv. VIII, ch. 109 et 110.
L'historien grec pense que Thémistocle ne laissa la retraite libre aux Perses que pour se ménager l'amitié de Xerxès, et s'assurer un asile chez ce roi, en cas qu'il éprouvât dans la suite quelque disgrâce de la part de ses concitoyens, ce qui arriva en effet. [80] Non usque adperniciem fugientibus instaturns victores. À ce précepte de Pyrrhus on peut ajouter celui-ci : « Clausis ex desperatione crescit audacia : et quum spei nihil est, sumit arma formido. Ideoque Scipionis laudata sententia est, viam hostibus qua fugiant, muniendam. » (Vegetius liv. III ch. 21.)
De là vient sans doute la maxime : « Qu'il faut faire un pont d'or à l'ennemi qui fuit. »
Mais c'est une opinion qui a rencontré depuis longtemps des contradicteurs parmi les plus célèbres tacticiens : « Si Dieu vous donnait la victoire,