ville en conduisant une voiture chargée de noix, dont ils laissèrent tomber une certaine quantité. Pendant que les gardiens des portes en ramassaient, les soldats déguisés les sabrèrent, et ouvrirent la ville à l'armée qui les suivait. [93] Les déguisements ont été de tout temps en usage pour surprendre ou pour reconnaître les places. Ainsi Catinat prit les habits d'un charbonnier pour entrer dans Luxembourg, et constater l'état des fortifications de cette ville.
Après la paix de Tilsitt, la ville de Pilau, port de mer sur la Baltique, ayant refusé d'ouvrir ses portes aux Français, le général Saint-Hilaire en fit le siège. Dans le cours des hostilités, ce général convint d'une entrevue avec le gouverneur, et se fit accompagner dans l'intérieur de la ville par le colonel du génie Séruzier, qui se déguisa en hussard, pour n'inspirer aucune défiance, et reconnut les points attaquables des fortifications.
Cette ruse contribua à mettre les Français en possession de la place. [94] Il y a ici erreur de l'auteur ou des copistes : il faut lire Darius et non Cyrus. - Voyez Hérodote, liv. III, ch. 153 ; et Justin, liv. I, ch. 10. [95] Suivant Tite-Live, qui rapporte ce fait (liv. XXIII, ch. 18), Fabius n'aurait pu réduire Capoue par famine, puisque cette ville ne fut prise que deux ans après, ainsi que nous l'apprend le même historien, liv. XXVI, ch. 8 - 14. [96] Les sept exemples contenus dans ce chapitre ne parlent pas des lignes de circonvallation et de contrevallation que les assiégeants établissent pour couvrir les travaux de siège, et pour tenir en échec les troupes qui peuvent venir au secours de la place. Il est cependant prouvé que César et d'autres capitaines de l'antiquité en ont fait usage.
« Il n'y a que deux moyens d'assurer le siège d'une place : l'un, de commencer par battre l'armée ennemie chargée de couvrir cette place, l'éloigner du champ d'opérations, et en jeter les débris au delà de quelque obstacle naturel, tel que des montagnes ou une grande rivière ; ce premier obstacle vaincu, il