l'Italie. Les Carthaginois se retirèrent, croyant au départ du consul, et celui-ci, revenant sur ses pas, aborda en Sicile.
12 Des généraux lacédémoniens, faisant voile pour Syracuse, et redoutant la flotte des Carthaginois, qui était en croisière devant cette ville, firent marcher à leur tête, comme en triomphe, des vaisseaux carthaginois qu'ils avaient capturés, et au flanc ou à l'arrière desquels ils avaient attaché leurs propres navires. Trompés par cette apparence, les Carthaginois les laissèrent passer.
13 Philippe, arrêté au détroit de Cyanée[30] par la flotte athénienne, qui lui fermait le passage, écrivit à Antipater de tout quitter pour le suivre chez les Thraces, qui étaient en insurrection, et avaient fait prisonnières les garnisons laissées dans leur pays; et il eut soin que sa lettre fût interceptée par les Athéniens. Ceux-ci croyant avoir surpris les secrets des Macédoniens, retirèrent leur flotte; et Philippe franchit le détroit sans trouver de résistance.
14 Ce roi, ne pouvant s'emparer de la Chersonèse, alors au pouvoir des Athéniens, parce que le passage de la mer lui était fermé, tant par la flotte de Byzance que par celle des Rhodiens et des habitants de Chio, sut gagner ces deux derniers peuples en leur rendant les vaisseaux qu'il leur avait pris, comme si cette restitution devait être un motif de médiation de leur part, pour conclure la paix entre lui et les Byzantins, seuls auteurs de la guerre. Puis traînant en longueur cette négociation, et apportant toujours à dessein quelques changements aux conditions du traité, il eut le temps de préparer sa flotte, qui passa le détroit sans que l'ennemi s'y attendit.
15 H. Chabrias, général athénien, qu'une flotte ennemie empêchait d'entrer dans le port de Samos, envoya quelques-uns de ses vaisseaux en vue de ce port, avec ordre de prendre le large, persuadé que les navires en station se mettraient à leur poursuite. Cette ruse,