dit l'empereur Léon (Instit. 14), ne vous arrêtez point à cette mauvaise maxime : Vince, sed ne nimis vincas ; ce serait vous préparer de nouvelles affaires, peut-être des retours fâcheux. Profitez de votre avantage, et poussez l'ennemi jusqu'à sa ruine totale. À la guerre, comme à la chasse, c'est n'avoir rien fait que de ne pas achever ce qui était commencé. »
Montecuculli et le maréchal de Saxe pensaient de même. Ce dernier, blâmant le proverbe du pont d'or, qu'il appelle une grave erreur, dit, par une sorte de corollaire, qu'il n'y a de belles retraites que celles qui se font devant un ennemi qui poursuit mollement.
« La force d'une armée consistant dans son organisation, dit M. Rocquancourt (Cours complet d'art militaire, t. IV, p. 352), et celle-ci résultant de l'harmonie et de l'union de tous les éléments entre eux et avec la volonté unique qui les fait mouvoir, on ne saurait pousser trop vivement une armée battue, puisque, après une défaite, cette harmonie entre la tête qui combine, et les corps qui doivent exécuter, est détruite ; leurs rapports, s'ils ne sont entièrement brisés, se trouvent au moins suspendus. L'armée entière n'est plus qu'une partie faible ; l'attaquer, c'est marcher à un triomphe certain. » [81] Il y a ici une double erreur historique. Ce n'est pas le consul M. Fabius qui fut blessé, mais son frère Q. Fabius, qui servait sous ses ordres ; et le combat ne fut pas rétabli par Manlius, mais bien par M. Fabius, le consul. Voyez Tite-Live, liv. II, ch. 46 et suiv. [82] Pour exciter le courage des soldats, les anciens lançaient au milieu des ennemis non-seulement des enseignes ou des étendards, mais encore des armes. [83] Suivant Tite-Live (liv. III, ch. 70), c'étaient les Volsques, et non les Herniques, qui combattaient avec les Èques contre les Romains. [84] Il s'agit plutôt ici de T. Q. Cincinnatus. Voyez Tite- Live, liv. IV, ch. 26-29. [85] Le même fait est rapporté par Tite-Live, liv. VI, ch. 8.
Des moyens de ce genre ont été