liv. XVI, ch. 10.
Le duc d'Anjou recourut à un moyen semblable pour s'emparer du château de Motrou. Après avoir fait amonceler de la terre au pied des murailles, et ouvrir une galerie de mine, de laquelle trois ouvriers jetaient non seulement de la terre, mais encore quelques débris de pierres, pour faire croire que les murs étaient déjà entamés, il envoya dire aux assiégés que les fortifications étaient minées, qu'on allait les faire sauter s'ils ne se rendaient pas sur-le-champ, et que, une fois l'assaut donné, les soldats ne feraient de quartier à personne.
Le général Légal usa aussi du même artifice devant la ville de Mouzon, en Lorraine. [102] La garnison numide s'était postée en avant des remparts, et avait eu déjà plusieurs engagements avec Marius, à qui elle prodiguait l'insulte. Voyez Salluste, Jugurtha, ch. XCIII et XCIV. [103] Au lieu de ce mot, il faudrait peut-être lire Segestanos ; car Tite-Live, qui fait (liv. XXI, ch. 7 et suiv.) une relation détaillée du siège de Sagonte, ne parle pas de ce stratagème. [104] Cornélius Nepos (Vie d'Iphicrate) rend compte des améliorations qui furent introduites par ce général dans l'art militaire et dans la discipline. Cependant il faut une absolue nécessité d'exemple pour punir avec autant de sévérité les infractions de ce genre. Iphicrate et Épaminondas tuent des sentinelles endormies ; le grand Frédéric fait mourir sur un échafaud le capitaine Zitern, qui, pour écrire à sa mère, a enfreint l'ordre donné d'éteindre dans le camp toutes les lumières passé une certaine heure ; Bonaparte trouve aussi un factionnaire endormi après les trois journées d'Arcole ; mais il lui enlève avec précaution son fusil, et se met en faction à sa place. Le soldat, se réveillant un instant après, et voyant son général près de lui, s'écrie : « Je suis perdu ! - Non, reprend celui-ci : après tant de fatigues il est permis à un brave comme toi de s'endormir ; mais, une autre fois, choisis mieux ton temps. » [105] On croirait, d'après le récit de Frontin, que