bois.
On se souvient de l'analyse très-sommaire de l'origine des Quichés donnée plus haut d'après le Livre sacré. C'est à Tulan que les Quichés arrivent et qu'ils viennent chercher l'arche qui personnifie la divinité. Jusqu'à leur arrivée à Tulan, les Quichés n'ont pas de culte apparent, ils adorent le soleil, les splendeurs célestes. Il leur faut un signe pour le peuple. Ces émigrants d'une race supérieure, arrivant du nord-est, n'auraient-ils pas trouvé à Tulan un culte établi par une race moins élevée, et ne l'auraient-ils pas en partie adopté, puisque c'est à dater de leur séjour à Tulan que le dieu Tohil exige les sacrifices humains, et que toutes les tribus toltèques, sauf une seule, se soumettent à cette nouveauté, entraînées probablement par l'exemple des traditions puissantes, qui existaient dans le pays avant leur arrivée? Ces tribus qui viennent ainsi, dit le Livre sacré, s'établir au milieu d'un pays où vivaient «des hommes noirs et des hommes blancs, ayant un doux langage, d'un aspect agréable,» et présentant tous les caractères d'un état social avancé, ces tribus qui se considèrent comme issues des dieux, ne nous montrent-elles pas l'introduction d'une race blanche relativement peu nombreuse chez des peuples déjà très-civilisés, protégeant les arts, possédant un culte et forçant ainsi les nouveaux venus à se façonner aux mœurs du pays? Mais, bien que se considérant toujours comme appartenant à une caste supérieure, les Quichés font alliance avec les peuples tributaires de Xibalba, ils se mettent à leur tête et les entraînent contre leurs oppresseurs vers le iiie siècle de notre ère. Vainqueurs, ils fondent des villes sur la péninsule yucatèque, et bâtissent les monuments étranges que nous y trouvons encore aujourd'hui, se servant naturellement des artistes et ouvriers du pays pour élever ces énormes constructions;