de cette contrée déserte, entouré de cette forêt vierge s'étendant au loin, sur les eaux calmes de la rivière et comme une barque chargée d'ombres, le cajuco glissait sans bruit.
Le ciel étincelait, et la lumière diaphane de la lune enveloppait toute chose de son voile magique. Pas un souffle dans le feuillage, pas une ride sur l'onde.
Au milieu de tous ces silences, muet d'admiration, j'avançais, comprenant pour la première fois la poésie de ces admirables solitudes.
Non, rien ne saurait rendre les splendeurs de ces nuits étoilées! Tout, dans cette nature silencieuse, était aspiration, mystère, religieuse éloquence, et, dans ce recueillement universel, le cœur unissait sa prière à la prière des choses. Si parfois les cris éclatants des singes hurleurs, si le rugissement du jaguar ou le chant lugubre d'un oiseau de nuit venait troubler cet hymne du sommeil, il semblait qu'une puissance inconnue étouffât ces voix, et que la nature entière s'inclinât de nouveau dans un silence plus majestueux encore.