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nydus/Cités et ruines américaines: Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza, UxmalPublic
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XII

Je m'enfonçai dans le bois, le fusil d'une main, le machete de l'autre, pour m'ouvrir un passage au milieu des broussailles et des lianes, quand tout à coup je me trouvai en présence d'une troupe de singes de grande espèce, logés dans les hauteurs d'un arbre. Je m'arrêtai; de leur côté, ils m'examinaient avec attention; nulle hostilité de part et d'autre: ils ne cherchaient pas à fuir, et d'abord je n'avais aucune intention de les attaquer. J'étais cependant fort intrigué, j'aurais désiré me procurer l'un d'eux, et ne savais comment faire; je pensai qu'un blessé me resterait comme prisonnier, et je tirai. Mon fusil contenait des chevrotines, huit chaque coup: l'individu auquel j'adressai mon premier tir, était élevé et bien en vue, j'avais dû le toucher, mais il ne bougea pas, un second coup ne fit d'autre effet que lui occasionner un léger soubresaut, sans lui faire abandonner la place, les autres commençaient à me regarder avec terreur, et se mouvaient lentement dans le feuillage. Je rechargeai, et je vis au troisième coup de feu les bras de la pauvre bête s'ouvrir, pour laisser tomber deux petits singes qu'elle tenait embrassés; je devinai la cause de son insensibilité apparente, elle avait été protégée par le corps de ses enfants; l'un tomba; l'autre, quoique mort, resta suspendu par l'extrémité de sa queue. Pendant ce temps, les membres de la compagnie s'étaient éclipsés, et la mère affaissée, agonisante, sur une grande branche, ne quittait point des yeux les cadavres de ses chers petits. J'eus un véritable remords de ma vilaine action: la douleur de la mère était tout humaine, et je me hâtai d'abréger ses souffrances: elle tomba. J'allai ramasser mes victimes; les jeunes singes étaient criblés, mais la peau de la mère était en assez bon état; je priai les Indiens de l'écorcher pour en conserver la fourrure épaisse et belle. Les chasseurs l'emploient par morceaux pour préserver la batterie du fusil de l'humidité des bois.

Les trois malheureux étaient de la tribu des singes hurleurs qui, la nuit, font retentir les forêts de leurs cris épouvantables. Cependant la nuit

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