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nydus/Cités et ruines américaines: Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza, UxmalPublic
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VIII

Je reçus à mon arrivée la plus bienveillante hospitalité dans la maison d'un négociant dont le nom, connu dans toute la république, est synonyme de grandeur d'âme, de dévouement et de générosité, je veux parler de M. Joseph Lelon, homme d'esprit, riche d'instruction, jeune d'idées. Je lui adresse de loin, en même temps que ce tribut d'éloges mérités, mes remerciements pour les bontés qu'il me prodigua. Sa maison, du reste, est la plus avenante de Vera Cruz; toute une pléiade de jeunes et vaillants commis la remplissent du bruit de leur gaieté gauloise, et je prie mes bons camarades Alfred et Léonce Labadi de me considérer comme leur débiteur, pour les moments agréables que je passai près d'eux.

Mais les événements se précipitaient, les habitants avaient envoyé leurs femmes et leurs enfants sur les vaisseaux marchands à l'ancre dans la rade; les familles pauvres avaient émigré dans le fort de San Juan d'Ulloa, de sorte que la moitié de la ville était déserte. Ceux qui restaient fabriquaient à la hâte des covachas, espèces de retraites couvertes de poutres énormes et doublées d'une épaisse couche de peaux de chèvres, de manière à former des abris à l'épreuve de la bombe.

La ville, admirablement fortifiée, n'avait rien à craindre de l'ennemi. Cent cinquante canons de fort calibre répondaient aux quelques pièces de Miramon, et quoique le tir ne fût ni juste ni bien nourri, les artilleurs de Vera Cruz démontèrent en quelques jours les batteries des assiégeants; cependant une couple de mortiers de quatorze faisaient un ravage effroyable; ils tiraient jour et nuit, et lancèrent plus de cinq cents bombes; deux tombèrent sur la maison que j'habitais, une troisième vint, qui coupa mon lit en deux; inutile de dire que je n'étais point couché; mais ce qui peut paraître incroyable, c'est qu'un éclat de la même bombe, du poids de cinquante livres, enleva la queue de mon ara, perché sur une échelle dans la cour. En personne bien élevée, l'oiseau se trouva mal, mais en fut quitte pour un évanouissement et quelques gouttes de sang qui prouvaient combien le projectile l'avait rasé de près.

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