Aux heures matinales, l'aurore se lève à peine pour les profondeurs de la vallée; seule, une large ceinture de forêts s'étale verdoyante sur les gradins de la sierra, baignant ses pieds dans les blanches vapeurs que soulèvent les premiers rayons du jour.
Les plaines alors, semblables à d'immenses lacs, n'offrent à l'œil que l'aspect d'énormes vagues de nuages, d'où surgissent, au milieu de cette mer aérienne, les noirs sommets des pitons de la vallée. Mais le soleil monte, et vous assistez ébloui aux magiques transformations de cette nature enchanteresse: les vapeurs se groupent et s'élèvent, des éclaircies se forment, et comme au travers d'un ciel moutonneux on aperçoit par moment les étoiles, l'œil saisit, dans les méandres des nuées qui s'agitent, quelque blanche maison, une partie de village, la rive d'un lac, un bouquet de verdure, ou le scintillement des clochers lointains.
Puis comme un voile qu'on déchire, et dont les lambeaux sont emportés par les vents, les nuages disparaissent, et la vallée tout entière développe aux regards ses merveilleuses beautés.
Des hauteurs de glace où vous trônez, un prodigieux royaume s'offre à vous: grâce à la transparence de