moindres accidents de la plaine, et le soir on voyait s'allumer les réverbères de Puebla. Les nuits étaient glaciales et nos forces s'épuisaient de plus en plus; nos guides mexicains, en nous parlant des difficultés de l'ascension, jugeant mal de nos forces et de notre ardeur, semblaient nous prendre en commisération, exprimant à haute voix des doutes assez blessants pour notre amour-propre de voyageurs. J'imposai silence à cette faconde toute mexicaine, bien résolu de donner à l'injurieuse prophétie le démenti le plus formel.
La soirée du troisième jour annonçait une matinée favorable, et nous travaillâmes à nos préparatifs. Outre les deux guides et les quatre Indiens qui nous avaient accompagnés, je louai du maître du rancho trois autres Indiens pour soulager les nôtres, en divisant les fardeaux.
Je fis remplir douze bouteilles d'eau, car nous n'en devions pas trouver dans le volcan, je me munis de deux bouteilles de mezcal pour nous donner des forces au besoin, et les pieds emmaillottés de pièces d'une grosse étoffe de laine, nous attendîmes le lendemain avec impatience.
À trois heures du matin, nous montions à cheval, Louis et moi; nos hommes nous précédaient