que j'espérais conserver.
—Tiens, dit l'un d'eux en s'en allant, passez-moi donc cette pelure, elle est fort belle.
Je la lui passai, ce qui me permit d'arriver à Puebla en manche de chemise.
Ce ne fut point ma dernière aventure. En sortant de Puebla, nous avions une nouvelle compagne de voyage: c'était une jeune fille de seize ans, nommée Dolorès Molina; elle était fort belle, et d'une beauté dangereuse pour braver, par ces temps de troubles, les hasards des grands chemins. Elle allait à Cordova rejoindre sa mère qui l'attendait, et se faisait une fête de l'embrasser, l'ayant quittée depuis longtemps.
La diligence eut le bonheur d'arriver à Tehuacan sans accident, et les voyageurs qui couvaient de l'œil la belle enfant n'avaient trouvé rien de mieux à faire que de l'épouvanter par des alarmes continuelles. Au moindre arrêt de la voiture, elle pâlissait et se récriait, à la grande joie de ces messieurs. L'un d'eux, enfin, plus galant que les autres, et pensant faire preuve d'esprit, lui dit: