Le rancho dan le bois.—Ouajimoloïa.—L'escorte.—La sierra.—Yxtlan.—Macuiltanguis.—Les Indiens et leurs villages.—L'alcade officiant.—Le topil et le vieillard.—Osoc, le fabricant d'orgues.—La descente de Cuasimulco—Yetla.—Tustepec.—Tlacotalpam.—Alvarado.—Vera Cruz.—Le siége.
Quoique porteur de passes des deux partis, je n'étais pas sans appréhension du côté de mes vues. Mes bagages et l'argent qui me restait m'importaient peu: mais pour quelques voleurs bien élevés, on en rencontre une foule, de manières détestables, faisant main-basse sur tout objet d'une valeur quelconque, et brisant ce qu'ils jugent inutile d'emporter. J'étais bien résolu à défendre mon trésor au prix de ma vie; mais j'étais seul, et le résultat d'un engagement contre plusieurs, était au moins douteux. José se serait éclipsé sans remords, je le savais bien; aussi ne comptais-je pas sur lui.
J'avais pris le chemin de la montagne, et j'allais faire un détour de plus de cent lieues pour éviter les compadres qui occupaient la route de Mexico: il eût été pénible assurément de tomber ainsi de Charybde en Scylla, rien de plus probable cependant. La première partie de la journée se passa bien, ou à peu près: solitude complète, de loin quelques échos affaiblis du canon de la ville, la joie d'un succès relatif aux difficultés de l'exécution, le départ considéré comme une délivrance, ne me jetaient dans l'esprit que des idées riantes.
Outre José, j'avais, pour compagnon de route, un ami dont les gentillesses charmaient mon isolement. L'ami en question était un magnifique ara rouge admirablement apprivoisé. Je l'avais apporté de Chiapas lors d'un premier voyage, et depuis lors il ne m'avait plus quitté.