SAN CRISTOBAL
Tumbala.—Le curé.—La chasse aux dindes.—Jajalun.—Chilon.—Citala.—Le dominicain et son ami.—Mœurs indiennes.—Ouikatepec.—Cankuk.—Les Indiens porteurs.—Ténéjapa.—San Cristobal.—Hospitalité de M. Bordwin.—Les mœurs.—Les églises.—Le psalterion.—Le gouvernement.—Ruines aux environs de Comitan.
En l'absence du curé, à la vue de nos visages terreux et de nos vêtements souillés de fange, la gouvernante du presbytère refusait de nous recevoir. Je lui fis part de l'abandon des Indiens et des événements qui en avaient été la suite, et lui présentai la lettre à l'adresse de son maître; il se trouvait en promenade aux environs, on l'envoya chercher aussitôt. Du haut de la galerie de sa maison, je le vis venir: c'était un jeune homme de trente ans au plus, en redingote noire et en chapeau de feutre; sa figure était avenante et sympathique: je m'empressai au-devant de lui, et, m'ayant donné la main:
—Hombre! s'écria-t-il, ah! mon ami, comme vous voilà fait!
Je le mis au courant de mes infortunes, ce qui lui fit pousser des exclamations de pitié.
—Ah! les misérables, fit-il, parlant des Indiens qui s'étaient enfuis; avez-vous leurs noms?—Je lui en donnai la liste.—Justice pour tous, me dit-il, chacun aura son affaire; mais les drôles sont capables de ne pas revenir au village avant deux mois d'ici.
Je confiai au padre que je mourais de faim.