TEHUACAN
Départ pour Mitla.—État des routes.—Tehuacan.—Aventures de Pedro.—La venta salada.—Fâcheuse rencontre.—Teotitlan del valle.—La fonda.—Une nuit dans les bois.—Tetomabaca.—Le jaguar et le torrent.—Quiotepec.—Le huero Lopez et sa troupe.—Les Talages.—Cuicatlan.—Don Domingillo.—Le cheval volé.—La vallée d'Oaxaca.
Quelques mois de séjour à Mexico m'avaient donné de la langue espagnole une habitude suffisante pour me permettre d'affronter sans crainte les embarras d'une expédition lointaine. La saison des pluies tirait à sa fin; je partis aux derniers jours de septembre. J'emportais avec moi tout mon bagage artistique, et les escortes qui surveillent la route jusqu'à Puebla me garantissaient un voyage tranquille. Pour ce qui regarde l'embranchement de Tehuacan, il n'en est pas de même: la contrée, peuplée de voleurs, n'est point gardée; des attentats quotidiens arrêtent toute circulation. Je suivis donc les conseils d'amis prudents, et je laissai aux mains des muletiers qui font le voyage par les montagnes le gros de mon bagage, c'est-à-dire trois caisses, ne me réservant que l'indispensable pour un séjour de quelques semaines; le tout, m'assurait-on, devant me parvenir à Oaxaca quelque vingt jours après mon arrivée. J'avais en outre dans cette dernière ville, des instruments et divers produits qui, en cas de besoin, devaient me permettre de mener à bonne fin les travaux que je me proposais d'y faire.
J'avais avec moi mes boîtes à glaces et divers objets; en tout, la charge d'une mule. Un Mexicain de mes amis m'accompagnait. J'avais à Tehuacan deux chevaux qui m'attendaient; j'étais donc sûr d'arriver sans encombre. C'est ce que nous allons voir.