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nydus/Cités et ruines américaines: Mitla, Palenqué, Izamal, Chichen-Itza, UxmalPublic
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XVII

La caravane se mit en marche; nous étions munis de lunettes bleues pour prévenir les accidents ophthalmiques si fréquents dans ces ascensions, au milieu de cette foudroyante lumière que multiplie la réverbération des glaces; les Indiens du rancho en portaient également. Le guide s'était, en outre, muni d'une quantité d'ocosochitl, herbe d'une vertu singulière, qui consiste à faciliter la respiration dans ces hauteurs. On en remplit alors la calotte de son chapeau, et lorsque l'oppression devient trop forte, on aspire l'arome qu'elle répand, arome d'autant plus violent que l'herbe est plus sèche.

Je remerciai le guide de son herbe préservatrice, en lui disant que je saurais m'en passer. Il sourit d'un air de doute et prit les devants: je le suivais, puis venait don Louis et le reste de la troupe. Chacun m'avait fait un monde de cette ascension, et je m'attendais à des difficultés inouïes; j'avoue que tout d'abord je me sentis mal à l'aise: on m'avait prédit une affreuse suffocation, je n'éprouvais en somme que de l'appréhension, laquelle se dissipa bientôt, en voyant que nous avancions assez rapidement et sans accident d'aucune sorte. Le jeu de mes poumons était admirable, et je n'éprouvais d'autre phénomène qu'une grande sécheresse dans la gorge, accompagnée d'une soif inextinguible; le remède était à côté du mal; à chaque instant, je me baissais et, ramassant des poignées de neige, je la buvais à longs traits. Cependant, nous nous arrêtions de temps à autre; le guide se retournait souvent, le rire aux lèvres, croyant nous avoir laissés loin derrière lui; mais Louis et moi ne perdions pas une semelle, et n'eût été l'ignorance où nous étions de la route à suivre, nous l'eussions pu dépasser; un seul Indien nous suivait, les autres étaient à quelques centaines de pieds au-dessous.

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