Mais la plaine de Puebla nous appelle, offrant les mêmes perspectives avec plus de lointain encore dans l'horizon; à douze lieues, la ville semble à vos pieds, et le regard, en suivant la vallée de Tehuacan, pénètre jusqu'en Terre Chaude, pour saisir la silhouette des cactus gigantesques et des palmiers sauvages.
Cinq volcans, cinq pics neigeux, la Nevada de Toluca, l'Iztaccihuatl, la Malincha, l'Orizaba, le Popocatepetl, ce dernier, maître et roi de ces géants domptés, s'élèvent au-dessus des plateaux de l'Anahuac; chaque soir, le soleil les dore de ses feux, alors que dès longtemps il abandonna les plaines; on dirait de cinq lustres immenses que la main du Tout-Puissant espaça dans ces hauteurs, pour illuminer le plus merveilleux panorama du globe.
En descendant, nous trouvâmes la tente établie à cent pieds environ, dans un premier repli du cratère, sur la petite esplanade du Malacate (c'est un cylindre de bois, autour duquel s'enroule le câble qui permet de descendre dans le fond du cratère et d'en remonter les matières soufrées qu'on exploite à Tlamacas). Une heure à peine nous suffit pour prendre les vues du côté droit du cratère, du fond même du volcan et de L'Espinago del diablo, le côté gauche; les bains d'argent se voilaient bien d'une légère couche de sulfure, mais les vues réussirent cependant, et deux surtout furent très-belles.
Nous voulûmes descendre dans le cratère. Amarrés à l'extrémité du câble, le cylindre se déroula lentement, nous isolant dans l'abîme; nous avions à la main un bâton pour nous éloigner des anfractuosités de la roche; des pierres tombaient de temps à autre, nous menaçant d'une lapidation