sûr, des chaparreras de peau de tigre lui descendent du genou au cou-de-pied. Une veste bien coupée fait valoir sa taille gracieuse que ceint un filet de soie rouge. Le vaste sombrero aux ailes galonnées, à la toquille d'or, a remplacé l'ignoble chapeau noir. Quand il pleut, le zarape aux mille couleurs est négligemment jeté sur ses épaules, et quand il fait beau, fixé sur l'arrière de la selle.
Puis il va, faisant caracoler sa monture, alternant du pas au galop, distribuant des poignées de main à droite, un salut à gauche, et jetant, comme le tambour-major de la fable, un regard satisfait à quelque fenêtre privilégiée.
Deux heures environ, il va, vient, passe et repasse, repart, s'arrête et voit défiler devant lui les équipages de la cité. Mais sept heures sonnent, la nuit tombe, les visiteurs deviennent rares; alors, abandonnant à regret son exercice favori, il rentre, et la journée du lendemain sera celle de la veille.
L'hiver, le théâtre, dont tout Mexicain à son aise est l'abonné, lui dépense trois soirées par semaines: quant à la Mexicaine, elle y vient toujours élégante et parée comme les ladies de Hay-Market ou de Drury-Lane. Chaque représentation exige une toilette nouvelle, et elle se soumet à l'exigence, vous le pensez, avec bonheur.
L'été, c'est le cirque, les combats de taureaux, combats anodins, où la victime, toujours la même, vient régulièrement s'enferrer sur la lame de l'espada.
Le jeu des taureaux n'a véritablement d'attrait que la première fois qu'on y assiste. L'œil s'amuse de cette mise en scène brillante, des costumes élégants et légers des banderilleras, de leurs voiles multicolores, de la tenue matamoresque des picadores et des chamarrures de l'espada.
L'entrée du taureau vous émeut; il semble que rien ne doive résister à l'élan de la bête furieuse, et le picador imprudent qui l'oserait affronter