de la morale indépendante, par les positivistes et les Francs-Maçons, une hypothèse invérifiable.
Ainsi donc, le rapport adopté par l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE Maçonnique de 1863 le déclare expressément : la Maçonnerie est une institution affranchie du joug non-seulement des croyances révélées, mais même de la simple croyance en Dieu.
M. Henri Martin semblait cependant avoir d’autant plus raison de présenter la Franc-Maçonnerie comme une société théiste, que toutes ses planches, (c’est-à-dire ses pièces officielles,) devaient porter en tête la formule séculaire : A la gloire du grand architecte de l’univers ; et que, de plus, la question semblait avoir été jugée en faveur du théisme l’année précédente même, dans le grand convent maçonnique de 1865.
Ce convent avait pour objet une œuvre capitale, l’élaboration d’une nouvelle constitution pour la Maçonnerie française. C’est à cette occasion que s’agitait avec une nouvelle ardeur la question déjà soulevée au sein de la Maçonnerie, à savoir si elle continuerait à maintenir en tête de ses planches ses vieilles formules. Pendant que les Loges élaboraient la nouvelle constitution, sur 151 projets qui arrivèrent au Grand-Orient de Paris, 60 réclamèrent l’abolition absolue de toutes formules affirmant l’existence de Dieu.
Néanmoins, après les plus vifs débats au sein du convent, la formule fut conservée.
Mais, hélas ! si la vieille formule se trouvait maintenue, la logique était contre elle ; car, logiquement, cette abstraction de toute croyance, proclamée par la constitution maçonnique comme sa base fondamentale, ne lui permet pas, sans inconséquence, de prescrire comme obligatoire une formule où l’existence de Dieu est proclamée.
Aussi de nombreuses protestations se firent-elles entendre au sein des Loges.