Deux ans après, en juillet 1869, avait lieu à Paris une Assemblée générale du Grand-Orient, et là, le dernier grand-maître de la Maçonnerie française, le F∴ Babaud-Laribière, s’exprimait, dans un discours solennel, plus catégoriquement encore :
« La Maçonnerie, disait-il, était intimement mêlée à tous les actes civiques dans LES PREMIERS BEAUX JOURS DE LA RÉVOLUTION.
« Philosophique avant la révolution, civique sous la Constituante, militaire sous l’empire, pendant la restauration, la Maçonnerie se trouve mêlée directement à la politique, ET LE CARBONARISME ENVAHIT LE PLUS SOUVENT LES LOGES.
Allant plus loin encore, le F∴ Babaud-Laribière déclare que c’est à la Maçonnerie qu’on doit l’agitation POUR LA RÉFORME, qui amena la chute du Roi Louis-Philippe, et le SUFFRAGE UNIVERSEL :
« Le SUFFRAGE UNIVERSEL ayant été mis en vigueur dans les ateliers, ce furent des Maçons qui demandèrent les premiers son application dans le monde profane : et l’on retrouverait encore leurs noms sur les pétitions pour la Réforme électorale dans les dernières années du règne de Louis-Philippe3. »
Et enfin, il proclame « le besoin impérieux pour la Maçonnerie de prendre part au mouvement libéral et social », et déclare que « le véritable rôle de la Maçonnerie consiste à devancer la société politique ».
Et n’est-ce pas hier encore que, dans une des loges les plus influentes de Paris, les mêmes prétentions furent affichées ? Là, on rendait les honneurs funèbres à la mémoire du docteur Montanier, vénérable de la Loge le Progrès, et préfet de M. Gambetta au 4 septembre ; et on exaltait ses convictions maçonniques. Et quelles étaient ces convictions ? C’était, avec la guerre à la religion, au surnaturel, comme il le disait, l’étude immédiate et constante DE LA QUESTION SOCIALE4.