MARCHE DU VAISSEAU POLITIQUE ?
Parlant ensuite de la lutte de la Maçonnerie contre le gouvernement, l’orateur va jusqu’à avouer que, « dans les crises politiques, chaque fois qu’il le fallait, LE CENTRE, LE POINT D’APPUI DE LA RÉSISTANCE était là, dans la Maçonnerie ».
Aussi le même orateur ne craignit-il pas d’attribuer hautement à l’organisation et à l’activité de la Maçonnerie le triomphe de ses opinions dans le pays :
« Si notre opinion a triomphé, je dis que c’est à la Maçonnerie qu’elle le doit ! »
« LA MAÇONNERIE, s’écriait-il encore, S’EST MÊLÉE ACTIVEMENT AUX LUTTES POLITIQUES6. »
Certes, voilà, en dépit de tous les articles de constitution, des aveux, qu’on nous passe cette expression, aussi crus que possible.
Mais voici qui va plus loin encore : dans une autre fête maçonnique, la fête de l’Ordre, célébrée le 15 juin 1845, l’orateur de la Loge, le F∴ Émile Grisar, révélait, dans des termes et avec des images auxquels il est impossible de rien ajouter ce qu’est au vrai la Maçonnerie, ce qui en fait une Association si redoutable, aux étreintes de laquelle il est si difficile qu’un pays échappe, quand une fois elle l’a enlacé :
« La Maçonnerie, disait-il, possède, par ses affiliations, des ressources immenses. » Et, pour enflammer le zèle des frères, il représentait la Maçonnerie comme « un CORPS ROBUSTE, un COLOSSE A MILLE TÊTES, A CENT MILLE BRAS, UN GRAND INSTRUMENT DE RÉFORMES SOCIALES, UN LABORATOIRE D’IDÉES NOUVELLES, et enfin le précurseur de cet esprit démocratique qui s’avance. »