réclamer hautement la part qui leur revenait dans cette glorieuse révolution.
M. de Lamartine leur fit cette réponse qui enthousiasma les loges :
« C’EST DU FOND DE VOS LOGES, QUE SONT ÉMANÉES D’ABORD DANS L’OMBRE, PUIS DANS LE DEMI-JOUR, ET ENFIN EN PLEINE LUMIÈRE, LES IDÉES QUI ONT JETÉ LES FONDEMENTS DES RÉVOLUTIONS DE 1789, DE 1830 ET DE 18482. »
Ce n’était pas assez, et la Maçonnerie voulut faire une manifestation plus officielle encore que cette démonstration spontanée des francs-maçons de tous les rites. En conséquence, quinze jours plus tard, une nouvelle députation, composée de membres du Grand-Orient, revêtus de leurs cordons maçonniques, se rendait à l’Hôtel-de-Ville ; elle fut reçue par M. Crémieux et par M. Garnier-Pagès, également revêtus de leurs cordons ; le représentant du Grand-Maître porta la parole, et dit :
« La Maçonnerie française n’a pu contenir l’élan universel de sa sympathie pour le grand mouvement national et social qui vient de s’opérer… Les francs-maçons saluent le triomphe de leurs principes, et s’applaudissent de pouvoir dire que la patrie tout entière a reçu par vous la consécration maçonnique. QUARANTE MILLE FRANCS-MAÇONS, RÉPARTIS DANS CINQ CENTS ATELIERS, N’ONT QU’UN CŒUR ET QU’UNE AME POUR VOUS ACCLAMER. »
Le F∴ Crémieux, membre du gouvernement provisoire, répondit :
« Citoyens et frères du Grand-Orient, le gouvernement provisoire accepte avec plaisir votre UTILE et COMPLÈTE adhésion… LA RÉPUBLIQUE EST DANS LA MAÇONNERIE… LA RÉPUBLIQUE FERA CE QUE FAIT LA MAÇONNERIE ; elle deviendra le gage éclatant de l’union des peuples sur tous les points du globe, sur tous les côtés de notre triangle3. »