C’est, du reste, ce que reconnaissait le F∴ Jean-Macé lui-même dans cet autre toast : A l’alliance de la Ligue et de la Maçonnerie, où il déclarait que tous les Maçons devaient être ligueurs, et tous les ligueurs, Maçons ; que le but, le principe, et le mot d’ordre de la Ligue et de la Maçonnerie, sont identiques :
« A l’entrée de tous les Maçons dans la Ligue ;
« A l’entrée dans la Maçonnerie de tous les ligueurs ;
« Au triomphe de la lumière, le mot d’ordre commun de la Ligue et de la Maçonnerie5 ! »
Et cet appel était si bien entendu que dans un Rapport sur la première année de propagande de la Ligue en France, le F∴ Jean-Macé pouvait se glorifier que déjà tous les départements français, excepté douze, était enrôlés dans la Ligue ; « et c’est ainsi, concluait-il, que la Ligue française finira par devenir UNE GRANDE ARMÉE ».
Armée d’enseignement, certes, qu’aucun ministre de l’instruction publique ne gouvernera facilement.
Devant de tels faits et de tels principes, devant un tel but, et une telle propagande, quels que soient les sentiments contraires de tels ou tels francs-maçons trompés, de telle ou telle loge moins avancée, y a-t-il lieu encore de discuter la question de savoir si un chrétien, si un catholique peut entrer dans une telle institution, et s’associer à une telle œuvre ? Non, une telle solidarité est impossible. Et l’auteur franc-maçon d’une Histoire de la Franc-Maçonnerie, le F∴ Goffin, l’a proclamé avec sincérité : « Lorsque la Maçonnerie accorde l’entrée de ses temples à un juif, à un mahométan, à un catholique, à un protestant, c’est à la condition que celui-ci deviendra un homme nouveau, qu’il abjurera ses erreurs passées, qu’il déposera les superstitions dont on a bercé sa jeunesse. Sans cela, que vient-il faire dans nos assemblées maçonniques6 ? »