V LA FRANC-MAÇONNERIE ET L’IMMORTALITÉ DE L’AME
Il en est de la croyance à l’immortalité de l’âme comme de la croyance en Dieu : elle suscita au sein de la Maçonnerie les mêmes débats.
Ainsi, quand mourut le dernier roi de Belgique, Léopold, bien qu’il eût reçu l’assistance du culte protestant, et renié, par conséquent, la Maçonnerie, la Maçonnerie belge voulut s’emparer de sa mémoire, et une grande cérémonie funèbre fut célébrée en son honneur au Grand-Orient de Belgique. Mais la maxime suivante avait été affichée au jubé du temple maçonnique par les ordonnateurs de la fête :
« L’âme, émanée de Dieu, est immortelle. »
Contre quoi, la loge la Constance, de Louvain, adressa au Grand-Orient la protestation que voici :
« Considérant que la libre pensée a été admise par les loges belges comme principe fondamental ;
« La loge la Constance, Orient de Louvain, proteste énergiquement contre l’atteinte portée par le Grand-Orient aux principes qui sont les bases de la Maçonnerie1. »
La protestation des francs-maçons de Louvain fut vivement applaudie en Angleterre et en France. Un journal maçonnique, la Chaîne d’Union, de Londres, écrivit :
« Qui donc pourrait affirmer que l’âme émanée de Dieu est immortelle ? Qui en a la preuve ? Il y a des siècles que les Conciles et les Papes la cherchent, et ils ne l’ont pas encore trouvée… ils ne la trouveront jamais au ciel ! Parce que L’AME HUMAINE SE CRÉE ELLE-MÊME…