CodalSearch this book — or all of Codal…⌘K
nydus/Étude sur la Franc-MaçonneriePublic
Page 98 of 144
Table of Contents

IV FAITS PÉREMPTOIRES, EMPRUNTÉS A L’HISTOIRE…

Et pour voir de plus près encore comment travaillent les ouvriers de la pensée, comment, de ces hauteurs, de ces principes généraux, où les dupes s’imaginent que la Maçonnerie plane inoffensive, les hommes des Loges descendent dans la polémique et la politique quotidiennes, disons un mot de la révolution de 1871 et de la Commune.

Une solennelle manifestation maçonnique eut lieu pendant la Commune, un mois avant l’entrée des troupes dans Paris ; mais fut-ce en faveur de Versailles et de l’armée nationale ? Non certes ; ce fut en faveur de l’effroyable insurrection communarde, la plus grande révolution, selon le franc-maçon Thirifocq, qu’il ait été donné au monde de contempler6. Le grand journal officiel de la Commune a raconté cette manifestation ; le F∴ Thirifocq, un des principaux auteurs de la manifestation, l’a raconté de son côté, dans un curieux écrit publié en Belgique et que j’ai sous les yeux7 : pas de doute possible sur l’esprit dont elle était animée. J’abrége les détails : je vais de suite au fait capital.

Le 29 avril donc8, sur un appel fait à toutes les Loges de l’Orient de Paris, une foule immense de francs-maçons déployant soixante-deux bannières maçonniques, se rendit, de la cour du Louvre à l’Hôtel-de-Ville, précédée par cinq membres de la Commune : la Commune tout entière se présenta au balcon d’honneur pour les recevoir. La statue de la république était là, « ceinte d’une écharpe rouge, et entourée par les trophées des drapeaux de la Commune : les soixante-deux bannières maçonniques vinrent se placer successivement sur les marches de l’escalier9 ». Les Frères maçons se massèrent dans la Cour.

« Dès que la cour fut pleine, dit le Journal officiel, les cris : vive la Commune ! vive la maçonnerie ! vive la République universelle ! se firent entendre de tous côtés. »

Puis, après un échange de discours, dans lesquels fut proclamée l’Union inséparable de la Commune et de la maçonnerie, et après que le F∴ Thirifocq eut

98