« Dans le recueillement suprême de sa conscience, il s’est avancé vers l’infini avec un calme antique. » Voilà ce qui est dit d’un franc-maçon mort comme il avait vécu, sans Christ et sans Dieu.
« Un vrai Maçon doit mourir comme il a vécu, en libre penseur, et loin de considérer une telle mort comme une honte, c’est un titre qu’il faut franchement revendiquer…5 »
Nous avons sous les yeux nombre de discours maçonniques, où fut tenu le même langage.
Pour le F∴ Ragon, le fondateur de la Loge des Trinosophes à Paris, l’auteur du rituel que nous citions tout à l’heure, qu’est-ce que la mort et l’immortalité ? La mort n’est autre chose que « la DÉPERSONNIFICATION de l’individu, dont les éléments matériels — poursuit le F∴ Ragon, et ceci est l’immortalité telle qu’il l’entend — se décomposent, s’unissent à des éléments analogues, et concourent aux transformations infinies de la matière toujours animée ».
Certes, il est impossible de professer plus crûment un plus grossier matérialisme, et un athéisme plus éhonté.
Et que dire de ce singulier éloge funèbre prononcé sur la tombe du F∴ Bourdet, de la R. L. La Persévérance, de l’O∴ d’Arles, par le F∴ Coindre : « Frère Bourdet, chacune des parties de ton corps va disparaître pour nous, et retourner au creuset universel d’où elles étaient sorties, pour concourir à la formation d’une myriade d’autres corps6. »
Voilà le F∴ Bourdet bien avancé. Et son âme ! où va-t-elle ? — De son âme, bien entendu, pas un mot.
L’immortalité maçonnique, dans les théories que nous venons de voir, ce n’est donc pas l’immortalité de l’âme ni de la personne, puisque tout au contraire l’individu est DÉPERSONNIFIÉ par la mort ; mais celle des