négation, c’est-à-dire l’athéisme, selon l’expression nette du F∴ Pelletan, l’enseigne peut-elle être prise au sérieux ? « Est-ce que », comme l’expliquait au Convent maçonnique un autre F∴, le F∴ Garisson, « est-ce que Proudhon, un des plus grands esprits de ce siècle, n’a pas été reçu maçon ? Est-ce que les jeunes gens du Congrès de Liége n’ont pas été reçus maçons ? Si, certainement ; nous leur avons tendu la main et nous leur avons dit : Travaillez avec nous !* » (Applaudissement)7.
Oui, tout cela était vrai : oui, Proudhon fut reçu franc-maçon, l’homme qui a dit : « Dieu, c’est le mal » ; et qui, à cette question : « Que doit-on à Dieu ? » répondit : « La guerre ! »
Et les jeunes gens du Congrès de Liége, qui poussèrent, on s’en souvient, ces cris sauvages : « Haine à Dieu ! Guerre à Dieu ! Il faut crever le ciel comme une voûte de papier ! » ces jeunes gens furent reconnus d’excellents auxiliaires de la Maçonnerie, qui leur a tendu la main.
Au surplus, les Francs-Maçons conséquents n’ont pas cessé de protester contre la formule, et espèrent bien arriver à la faire disparaître des règlements. « Nos contradicteurs », écrivait le Monde-Maçonnique, dans le numéro même où il relatait ce vote, « n’ont acquis que le droit d’être intolérants ». Et la maçonnerie n’en reste pas moins « le temple universel éternellement ouvert AUX ATHÉES aussi bien qu’aux PANTHÉISTES, etc.8 »
Et si l’on veut savoir d’ailleurs ce qui se cache sous la formule, pour ceux qui l’adoptent, c’est l’anéantissement de tous les cultes : qu’on lise, dans le Rituel de l’apprenti maçon le commentaire qu’en donne le vénérable, à l’Apprenti récipiendaire :
« Le déisme est la croyance en Dieu, sans révélation ni culte, c’est la religion de l’avenir, destinée à remplacer les cultes ; etc.9 »
Qu’on écoute aussi ces professions de foi péremptoires, faites dans de grandes assemblées maçonniques :