« Par l’instruction, les femmes parviendront à secouer le joug clérical, et à se débarrasser des superstitions qui les empêchent de s’occuper d’une éducation en rapport avec l’esprit moderne. Pour n’en donner qu’une preuve, quelle est la femme anglaise, allemande ou américaine qui, aux deux questions religieuses que peuvent leur adresser leurs enfants : « Qui est-ce qui a créé le monde ? Existe-t-on après la mort ? » oserait répondre qu’elle n’en sait rien, et que personne n’en sait rien ? Eh bien, cette audace, la femme française instruite l’aurait2. »
Est-ce clair ?
Et la raison de cette propagande, le F∴ Albert Leroy, naguère professeur de rhétorique, si je ne me trompe, au lycée de Versailles, sous le ministère de M. Jules Simon, l’exposait en ces termes dans une séance de la session maçonnique internationale d’août 1867, à Paris : « Sans la femme, tous les hommes réunis ne pourront jamais rien3. »
Deux faits, du reste, contemporains et éclatants, témoignent de cette activité de la Maçonnerie à propager l’enseignement athée et en dehors de toute religion, je veux parler de la création des Écoles professionnelles de filles et de la Ligue de l’Enseignement.
Les écoles professionnelles de filles — Sous l’Empire, dans un écrit que j’ai intitulé les Alarmes de l’Épiscopat, et auquel presque tous les évêques de France ont bien voulu adhérer par des lettres publiques, j’ai été amené à dénoncer cette institution comme une entreprise des plus dangereuses : j’ai démontré que la pensée d’où sont nées ces écoles était une pensée antireligieuse, antichrétienne ; que, sous prétexte d’enseignement, c’était l’irréligion pratique que l’on s’efforçait d’inculquer aux jeunes filles ; que l’on se proposait, positivement, d’en faire des libres-penseuses, vivant et mourant en dehors de tout christianisme et de toute religion. Rien de tout cela n’a été et ne pouvait être l’objet d’un démenti quelconque ; je citais en effet les déclarations des fondatrices, et l’exemple trop décisif de